Les divagations post-Lumières un peu plus avant reprennent une de mes thématiques favorites, la conception de la valeur morale et politique dans la démocratie moderne, cette "démocrature" comme j'aime l'appeler parfois. Désirez-vous que je vous raconte une anecdote qui confirme ma pensée ?
Je suis perché sur un tabouret à l’Atmosphère, face à la rue ensoleillée. Je contemple rêveusement une porte en bois peinte gigantesque et ouvragée qui s'ombre délicatement sous l’axe médian des rayons, flanquée de deux bambous en pot de plus de deux mètres. Une jeune putain slave (*!) patiente sous le porche, indolentente, ses fins cheveux blonds chevauchant sans but les brises de l'après-midi qui traversent la rue pavée. Sa jumelle sort bientôt, elle sourit faiblement, un peu lasse. Alors qu'elles me tournent le dos, et commencent à redescendre vers la place, je capte quelques bribes de leur conversation. C'est du français (et non un dérivé exotique du cyrillique); elles parlent de sexe : ce n'est donc pas leur métier.
C'est étonnant cette société où les putes professionnelles sont plus pudiques et moins vulgaires que les filles de hauts fonctionnaires ou d'actionnaires majoritaires de consortium. Peut-être sommes-nous en train de revivre la chute de l'Empire Romain d'Occident ...
L’ère de la décadence ultime : nous ne pouvions rater ça. C’eût été une faute de goût, indiscutablement.
"Pete Doherty Is Innocent" : avec ça, je me sens une humeur de vrai rebelle.
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